uchi-sotoUchi-Soto

Uchi-Soto (内外), est une expression, ou un aspect unique de la culture Japonaise destinée à différencier les différents groupes sociaux et représente donc une étape importante de la compréhension de la société nippone. Plus qu’une simple distinction au sein de la société Japonaise, Uchi-Soto à une réelle place dans le langage et la grammaire Japonaise, il convient donc de connaître les règles établies afin de l’utiliser correctement.

Uchi signifiant « la maison » et Soto « l’extérieur », le concept consiste donc à séparer les individus en deux, ceux « dans le groupe » et ceux « hors du groupe ».

Concept de l’Uchi-Soto

Comme dit plus haut, le concept de base est de diviser les personnes de façon à avoir les proches (amis, famille, collègues de travail) et les personnes extérieures (client, aînés…). En effet, le principe réside dans le fait d’honorer et respecter la personne extérieure et de rester humble envers la personne à intérieure du groupe. Cela passera par le « Keigo », principe du langage honorifique.

Cependant, selon la position (statut), l’âge d’une personne ou le contexte de la discussion, une personne pourrait se trouver dans un cercle ou dans un autre, dans l’ « Uchi » ou le « Soto ».

Dans le monde du travail

 

En extérieur, l’Uchi-Soto peut être distingué très facilement, notamment dans le monde du travail. En effet, au Japon, le client est roi et doit être traité avec le plus grand respect. De ce fait, le service à la clientèle ou à la vente sera toujours de très haute qualité au pays du soleil levant. Si vous voulez travailler dans ce domaine, il vous faudra donc utiliser des formulations honorifiques à tout moment.

Au bureau, l’Uchi-Soto fonctionnera comme un système hiérarchique. Vos collègues ainsi que vos employés (tous ceux qui n’ont pas un rang supérieur à vous) seront considérés comme « Uchi » et vous pourrez donc leur parler dans un Japonais courant, sans forme de politesse. Cependant, votre patron ou votre supérieur hiérarchique sera considéré comme « Soto » et donc la forme de politesse deviendra obligatoire.

Cependant, cette règle sera contournée en fonction du contexte. De ce fait, et cela en présence de clients notamment (ou en présence d’une autre entreprise), chaque personne de sa propre entreprise sera considéré comme Uchi. Il est mieux perçu de nommer votre supérieur par son nom sans utiliser de suffixe : vous l’appellerez donc « Yamada » et non « Yamada-san ». Il convient, selon la société Japonaise, de respecter ses clients en « rabaissant » (conserver son humilité) la position de votre supérieur. Toutes les personnes de l’entreprise voisine seront de ce fait considérées comme Soto.

Concernant la famille

 

Dans la société Japonaise, la famille de votre interlocuteur sera toujours considérée comme Soto. De ce fait, et ce même dans un cadre hiérarchique professionnel, si un patron s’adresse à la famille (ou discute de la famille) de l’un de ses subordonnés, il utilisera Soto et non Uchi et emploiera donc les suffixes de politesse.

Cependant, lorsque l’on parle de sa propre famille à quelqu’un d’autre, que l’on soit patron ou employé (peu importe la position hiérarchique), il convient d’utiliser Uchi, donc le langage ordinaire sans politesse. Dans ce cas-là, on dit que sa propre famille est kazoku (家族) et la famille de son interlocuteur go-kazoku (御家族), go étant un préfixe honorifique.

Uchi-Soto et sincérité

Il n’est pas inhabituel pour un étranger de venir au Japon et se dire que les gens sont respectueux et particulièrement polis et attentifs aux demandes des clients. Que l’on soit étranger ou client dans la société Japonaise, on sera considéré comme « Soto ». Les Japonais ne sachant généralement pas comment interagir avec les « Gaikokujin », ils se contentent de les mettre dans cette catégorie. Cependant, « Soto » ne veut pas dire « sincérité ». En effet, même si votre interlocuteur est poli et utilise la plus belle forme de respect envers vous, cela ne voudra pas pour autant dire qu’il veut être votre ami. Il s’agit plutôt d’une convention sociale (généralement non optionnelle) mise en place par la société et qui se doit d’être respectée pour n’importe quel type de client. De ce fait, même si certains Japonais seront très heureux de vous parler, de discuter de votre culture et curieux de vous connaître, beaucoup ne feront qu’agir selon la coutume.

De par cette incompréhension des étrangers, cette notion d’Uchi-Soto peut, pour certains Japonais, très vite devenir compliquée. Lorsqu’il s’agit de clients, aucun doute possible sur le registre à utiliser. Cependant, hors du contexte professionnel, l’Uchi-Soto devient vague et confus en ce qui concerne l’interaction avec les étrangers (c’est d’ailleurs pour cela qu’il est parfois difficile pour les étrangers de sortir du « Soto » pour intégrer le « Uchi », qui correspond à être vu tel un citoyen ordinaire.

Le concept d’Uchi-Soto s’applique également à une autre coutume japonaise importante, la pratique du Honne et du Tatemae. Lorsque vous êtes dans votre groupe (uchi), vous pouvez être honnête (honne), mais quand vous êtes avec des étrangers (soto) vous aurez tendance à rester plus honorifique qu’honnête (tatemae).