mizu-shobaiMizu Shobai, le commerce de l’eau

Le terme Mizu Shobai, ou commerce de l’eau, pourrait désigner et faire référence à l’alcool ou au caractère éphémère de la vie selon une vision plus poétique. Le Mizu Shobai, dont l’ancêtre était appelé «Ukiyo », désigne plus couramment le quartier des plaisirs ou l’ensemble des activités nocturnes des quartiers chauds et animés.

Ukiyo, Fuzoku et Mizu Shobai

A l’origine, l’Ukiyo désigne le quartier des plaisirs d’antan, quand celui-ci était particulièrement centré sur la prostitution et l’alcool. Le mot, particulièrement utilisé jusqu’aux années 1940, s’est vu progressivement oublié avec l’émergence des quartiers d’amusements plus généraux, alors nommés Mizu Shobai.

A Tokyo, le quartier d’amusement le plus célèbre se trouve être Kabukicho, à Shinjuku. Particulièrement prisé après la guerre, Shinjuku offrait alcool, prostitution et amusements en tous genres. C’est à l’Est de la gare que sont nés les premiers bars et cafés (remplaçant des tavernes), dont les entrées étaient signalées d’un lampion de papier rouge. Ces bars à l’allure américaine offraient de l’alcool en abondance ainsi que des plaisirs proposés par des jeunes femmes aux allures occidentales, généralement là pour pousser les hommes à la consommation. Ces établissements, facilement accessibles et peu coûteux, ont peu à peu effacé les maisons de thé ainsi que les Geishas du marché de la demande.

Le Fuzoku (et ce encore aujourd’hui) désigne uniquement les établissements proposants des faveurs sexuelles de façon explicites,  comme les soaplands, les salons roses, les fashon herusu (salons de massage) ou encore les imejikurabus (salons de massage thématiques). Absolument tout y est permis, en dehors de la pénétration vaginale.

Le Mizu Shobai dans la société actuelle

De nos jours, les bars à hôtesses sont devenus particulièrement chers. Même si quelques-uns de ces bars proposent encore des services de prostitution, les meilleurs restent des établissements luxueux et destinés aux riches locaux. Des femmes en petites tenues par dizaines (Japonaises, mais également quelques occidentales qui sont très appréciées des salaryman Japonais) sont là pour flatter les hommes et les exciter suffisamment pour leur donner envie de revenir mais sans pour autant passer à l’acte. Elles servent à boire, allument les cigarettes, discutent, et peuvent même avoir quelques contacts physiques légers. Il s’agit d’un flirt destiné à fidéliser le client.

Cependant, il n’est pas rare que ces hôtesses recherchent plus que cela, jouant de leurs atouts de séduction pour essayer de trouver des hommes riches pour prendre soin d’elles, pour devenir leur maîtresse voir même leur femme dans le but de pouvoir vivre une vie aisée.

Dans une optique de fidélisation, ces bars proposent très souvent d’acheter de grandes bouteilles d’alcool personnalisées à votre nom. Ces bouteilles pourront être conservées par l’établissement et être ressortie lors d’une nouvelle visite ou d’une fête entre amis. C’est l’une des spécialités des bars hôtesses, qui cherchent sans arrêt un nouveau moyen d’attirer la clientèle de façon permanente.

Certains comparent l’expression à « doromizu-kagyo, ou entreprise de commerce d’eau bouseuse », qui désigne le fait de gagner rapidement de l’argent avant de le perdre à nouveau. On dit que les revenus activités nocturnes dépendent beaucoup de la fidélité des clients, de la météo ainsi que d’autres facteurs imprévisibles, faisant varier les gains comme un cours d’eau.