tatouages au japon

Les tatouages au Japon

En occident, les tatouages permettent de représenter une personnalité, un sentiment, une partie de son histoire ou tout simplement une passion au travers d’un style graphique particulier, l’encre sur la peau. Il s’agit en effet plus d’un effet de mode, d’un style de vie qu’autre chose, que l’on pratique par plaisir.

Cependant, le tatouage au Japon est représenté d’une toute autre façon, et peut même être un art réprimé et mal perçu par la population, pouvant fermer de nombreuses opportunités professionnelles ou même culturelles. Pourquoi donc le tatouage est-il si mal vu par les Japonais ?

En effet, le fait de dévoiler publiquement ses tatouages au Japon peut être rédhibitoire, notamment si vous voulez vous relaxer dans un onsen. La principale raison est que les tatouages sont, la plupart du temps, associés au monde des Yakuza, la mafia Japonaise.

Histoire du tatouage au Japon

L’origine du tatouage au Japon remonterait à la période Jomon (-1000 à -300 avant JC), alors utilisé par le peuple Aïnous. A cette époque, le tatouage au Japon permettait principalement de définir son appartenance à un clan.

Durant la période Kofun (300 à 600), le tatouage au Japon était utilisé pour marquer les criminels et les prisonniers et était donc un symbole de répugnance envers la société.

L’ère Edo est marquée par un changement concernant la signification des tatouages. En effet, ceux-ci se trouvent alors différencié par un code ou un style, afin de distinguer les tatouages prestigieux des tatouages criminels (en effet, à cette époque, le tatouage criminel est devenu une punition obligatoire). De plus, le tatouage était également utilisé pour définir les prostituées.

Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que le tatouage deviendra le principal symbole des Yakuza, créant ainsi cette connotation particulièrement négative de la part de l’ensemble de la société Japonaise. C’est à cette époque que de nombreux commerce tels que les onsen, les bains, les salles de sport, piscine etc. commencent à refuser l’accès aux personnes tatouées, de peur qu’elles fassent partis de la mafia nippone.

Les tatouages dans la société moderne

De nos jours, le tatouage tend à devenir de plus en plus populaire au sein des jeunes Japonais. Prenant un essor certain de par la culture occidentale, ce symbole d’identité graphique s’installe petit à petit dans la nouvelle génération. Ainsi, la différence avec les Yakuza se fera principalement en fonction de la taille et du style de tatouage. En effet, les Yakuza ont souvent le même style de tatouage et ont tendance à se faire tatouer sur une très grande partie du corps, pouvant aller des chevilles jusqu’au cou (il s’agit généralement de tatouages faits sur plusieurs années), là ou un jeune Japonais aura souvent un tatouage plus petit, plus discret et plus simple. Cependant, et cela malgré sa popularité croissante au sein des jeunes, le tatouage au Japon conserve toujours, aux yeux de la majorité des Japonais, cette image de criminalité.

Si vous êtes un étranger tatoué au Japon, il vous faudra donc vous attendre à certaines répercussions. La première et principale difficulté rencontrée sera l’accès aux Onsen. En effet, sauf s’il s’agit d’un bain privé dans un établissement autorisant les tatouages pour les étrangers (un étranger ne pouvant pas être un Yakuza), il vous sera particulièrement difficile d’y accéder. De ce fait, oubliez les bains publics, sauf si ceux-ci proposent une tenue (robe spéciale pour l’eau) vous permettant de vous cacher le corps.

En ville, même si cela peut être mal perçu, il ne sera pas utile (ou en tout cas pas nécessaire) de cacher votre tatouage. En effet, même s’il peut attirer certains regards, il n’y a que très peu de risque, du fait que vous soyez étranger, qu’il soit associé aux Yakuza. Certaines personnes pourront même venir vous parler, vous posez des questions par simple curiosité.

Les tatouages seront par contre plus difficiles à porter pour un Japonais, principalement dans le monde du travail. En effet, certaines entreprises peuvent leur demander directement s’ils ont un tatouage ou non, si oui à quel endroit, de quelle taille, et peuvent se réserver le droit d’un refus catégorique pour cette unique raison (puisqu’il n’est pas respectueux pour un Japonais de travailler dans une tenue pouvant potentiellement dévoiler un tatouage).

Le tatouage, malgré son essor et son intérêt de plus en plus grandissant au sein des jeunes Japonais, reste à ce jour globalement mal perçus par la société. Malgré le fait que cela ne pose pas plus de problèmes que cela aux étrangers, il convient d’accepter que certaines activités peuvent vous être refusées pour cette raison.