shintoïsmeShintoïsme, religion du Japon

Le shintoïsme « voix des dieux », est la plus ancienne religion pratiquée au Japon, regroupant l’ensemble des croyances du Japon ancien et mélangeant des éléments polythéistes et animistes. Le shintoïsme est particulièrement lié à la mythologie Japonaise ainsi qu’aux divinités du pays. Au Japon, le shintoïsme regroupe plus de 100 millions d’adeptes. Ainsi, la plus grand majorité des Japonais participent aux différents rituels shintoïstes, tels que les naissances ou encore les cérémonies de mariage.

Histoire du shintoïsme

Le shintoïsme trouve ses origines dans des croyances populaires animistes consistants à vénérer et à vivre selon les dieux (kami) habitants toutes choses (terre, soleil, vent, montagnes, lune…). A cette époque, à chaque village se trouvait être érigé un temple rendant hommage à ces divinités ancestrales. L’ensemble des doctrines du shintoïsme regroupent donc les institutions et les rituels voués aux dieux.

Selon les influences et les croyances chinoises, le shintoïsme est un culte vénérant les ancêtres, ou les empereurs deviennent kami après leur mort. Cependant, le shintoïsme ne possédant pas de doctrine ou d’éthique précise, il se trouve être déclinés de nombreuses façons selon les peuples et les croyances.  Les sanctuaires restent tout de même un culte ancestral et pratiqué par tous.

Avec l’introduction du bouddhisme au Japon, il fut nécessaire de définir des différences claires entre les religions. Ainsi, le shintoïsme fut défini de façon à placer les kamis, divinités de la religion shinto, en tant qu’êtres puissants et vénérés tout en leur conservant un statut mortel. De ce fait, les kamis étaient censés protéger la religion shintoïste tout en permettant son enseignement. Le maître Kukai (774-835) a longtemps expliqué qu’il n’existait aucune réelle distinction entre les deux religions, comparant ainsi les différentes divinités shintoïstes et bouddhistes. De ce fait, et ce même si les kamis ne représentent pas des manifestations de Bouddha, il est courant de trouver des statues les représentant dans les différents temples bouddhistes. Ainsi, Inari, grande divinité du sanctuaire Fushimi Inari se trouve également être une protectrice du temple de Kyoto, permettant ainsi des cérémonies communes entre les deux religions.

Depuis maintenant 17 siècles, le temple le plus vénéré de la religion shintoïste est l’Ise-jingu, dans le Kansai.

Shintoïsme d’Etat

Le shintoïsme d’état, ou religion d’état, impliquent des croyances vagues et hétérogènes relevant du culte impérial et mis en place en 1872. Ces croyances étaient fondées sur le Kojiki et le Nihon Shoki, ouvrages sur la création du Japon et du shintoïsme. Cependant, elles servent davantage d’outils politiques visant à renforcer le pouvoir impérial en lui conférant un statut divin. Ainsi, chaque habitant du Japon serait né du couple Izanami et Izanagi, parents des divinités Amaterasu (mère du premier empereur du Japon), Tsukuyomi ainsi que Susanoo.

Croyances et rituels du shintoïsme

Les sanctuaires shintoïstes sont facilement reconnaissables grâces aux toriis, poteaux de bois peint de rouge et blanc (couleurs rituelles) qui ornent chaque entrée. Des koma-inu (chiens de corée) de pierre sont généralement situés à l’entrée, destinés à protéger le sanctuaire. A l’intérieur, il n’est pas rare de croiser des statues d’animaux messagers, comme le renard ou encore le cheval.

Le shintoïsme étant principalement polythéiste, il est la représentation de la fertilité humaine, des volcans et des montagnes. Il s’agit d’une religion basée sur l’aspect humain, la culture ainsi que les récoltes (les cérémonies de l’empereur comprennent celles de la plantation et de la récolte du riz).

Selon le culte shinto, il existerait un nombre infini de kami, près de 8 millions dans la mythologie et les textes anciens, Amaterasu ayant fondée le peuple Japonais en descendant sur terre. De ce fait, la base de la religion shinto repose sur le respect des divinités et des ancêtres. De plus, l’importance des liens sociaux et familiaux est capitale (c’est pourquoi la religion shinto comporte des feux de joie au nouvel an, des matsuri et autres festivals).

Ainsi, en début d’année, près de 70 millions de Japonais se rendent dans les sanctuaires afin de s’attirer les faveurs divines pour l’année à venir. Cette religion étant contre l’impureté, il est important, voir obligatoire de se laver les mains et la bouche avant de pénétrer au sein de la zone sacrée. Une fois à l’intérieur, il convient d’annoncer sa présence aux dieux en faisant sonner une cloche, avant d’effectuer une prière en offrant une pièce et en tapant dans les mains tout en s’inclinant.