Karōshi

Karōshi

Le Karōshi, ou « la mort par excès de travail » (過労死), désigne une maladie professionnelle causant une crise cardiaque chez un employé suite à un nombre d’heures de travail trop important ou à une trop forte pression ou stress. Au Japon, cela représente, à cause du nombre de cas important, un problème dans la société.

Le phénomène du Karōshi

Le mot « Karōshi » a été utilisé pour la première fois en 1982 pour désigner l’ensemble des troubles cardiovasculaires causés par un temps de travail trop important. Le premier cas officiel de Karōshi date de 1969, lorsqu’un employé d’un grand journal est mort d’une crise cardiaque sur son lieu de travail.

L’expression Karōshi est uniquement utilisée pour démontrer un lien évident entre un décès et le temps de travail effectué. Ainsi, pour le déterminer, on examine le nombre d’heures de travail effectuées durant la semaine précédant le décès. Ainsi, un décès peut être lié aux conditions de travail lorsque l’employé a travaillé soit 24h la journée précédente, soit 16h par jour la semaine précédente, soit un temps de travail multiplié par 2 ou 3 par rapport à la normale.

En effet, au Japon, la durée légale d’une semaine de travail est de 40 heures. Cependant, il reste possible (via une clause dans le contrat de travail), de faire des heures supplémentaires. A cela s’ajoute le fait qu’un bon nombre d’entreprises ne comptent pas les heures supplémentaires de ses employés, ne risquant ainsi aucune sanction juridique. A ce jour, environ une entreprise sur cinq contraindrait ses employés à effectuer plus de 80 heures supplémentaires par mois, dépassant ainsi le seuil du Karōshi.

Impact du Karōshi

Chaque année, au Japon, quelques dizaines de cas sont officiellement reconnus comme maladie professionnelle liée au temps de travail. Du fait de certains changements au niveau des conventions sociales professionnelles, de plus en plus de cas de décès en entreprise sont reconnues en tant que maladie.

Cependant, les chiffres réels seraient beaucoup plus importants. En effet, en 1994, on estimait à environ 1000 le nombre de décès causés par un surmenage professionnel dans la tranche des 25-60 ans. Aujourd’hui, la mort par sur-travail est reconnue comme étant l’une des causes majeure du changement de la société nippone des 20 dernières années. Ainsi, le manque de communication général en société serait lié à l’augmentation du taux de décès et de dépression en conditions de travail. La mort par le travail se trouve être une des causes indirectes du changement démographique du Japon. En effet, plusieurs jeunes préfèrent rester sans emploi plutôt que de se risquer aux difficultés du travail.

En 2006, 330 cas de Karōshi ont été reconnus au Japon (personne décédées ou tombées grièvement malades), ce nombre étant officiellement le plus élevé de l’histoire. Le nombre moyen de cas de Karōshi serait de 200 décès par an. En 2016, les statistiques indiquent que 22% des employés japonais travaillent plus de 50h par semaine, contre 8% en France.