histoire et fabrication du katanaLe Katana se trouve être l’une des armes les plus tranchantes qui existe. Véritable symbole d’honneur et de respect, le Katana représente l’âme du samouraï Japonais. Porté glissé à la ceinture (du côté gauche et avant le tranchant dirigé vers le haut), il se caractérise comme étant un sabre à un seul tranchant de plus de 60 cm. Utilisé comme arme de guerre ou comme simple instrument d’apparat, il a toujours su conserver son rang et son prestige aux yeux des Japonais.

Se maniant le plus souvent à deux mains, le Katana peut, suivant certaines techniques telles que celles de Musashi Miyamoto, se pratiquer à une seule main (cela implique généralement l’utilisation d’un Katana spécial, plus court).

Histoire du Katana

Le Jōkotō : origine du Katana

 

Les premières armes japonaises apparaissent dès la période Yayoi (-300 av. J.C.), naissant d’un désir d’amélioration technique. A cette époque déjà, les sabres japonais (ou Nihontō) étaient considérés comme étant de véritables œuvres d’art et étaient particulièrement respectés par le peuple local. Ce n’est que durant la période Heian (794-1185) que les premiers ancêtres du Katana naissent : les Jōkotō.

Les améliorations techniques et militaires de cette époque viennent directement du fait que les clans commencent à scinder le Japon au travers de nombreuses guerres internes. La forge se développe alors de façon particulièrement efficace et rapide.

Le Kotō

 

Le Kotō apparaît dès la seconde moitié de l’ère Heian et représente une alternative plus efficace aux sabres alors réalisés. En effet, son apparence courbée (signe distinctif du Katana moderne) lui apporte une coupe plus nette ainsi qu’une meilleure résistance aux chocs. Cependant, le risque de casse face à armure devient plus élevé de part une lame plus affinée.

Avec le temps, les techniques de forges sont mieux maîtrisées et les sabres gagnent en qualité. Les premières traditions apparaissent (notamment celles de l’école Senjuin, Awataguchi et Ichimonji), directement inspirées du forgeron Amakuni.

C’est durant la période Kamakura (1185-1333) que les forgerons se multiplient. Les lames deviennent alors plus longues, plus larges, plus résistantes et plus tranchantes. La tradition Soshu, née du forgeron Yukimitsu, rencontre alors un grand succès. Le Kotō disparaît alors petit à petit au profit de ce que l’on connaît aujourd’hui comme le Katana, qui permet de dégainer et attaquer en même temps.

Le Shintō

 

L’ère Azuchi Momoyama permet d’apporter plusieurs modifications aux Katanas grâce au développement de l’artisanat. Malgré la disparition des grandes écoles de forge, plusieurs grands maîtres font leur apparition dans le Japon. Les sabres sont alors nommés « Shintō », de par leur meilleure qualité. Petit à petit, les anciennes techniques et traditions refont surface et viennent se coupler à la pratique moderne afin de produire des lames de qualité supérieure.

Les katanas deviennent également beaucoup plus raffinés et travaillés. En effet, durant l’ère Edo, l’esthétique de ceux-ci joue un rôle particulièrement important.

Le Katana moderne

 

Le Katana tel que nous le connaissons aujourd’hui vient directement de l’ère Meiji. En effet, avec la disparition des samouraïs qui résulte du décret Haitorei de 1868 interdisant le port d’armes, le sabre japonais devient un objet d’art, voir un véritable trésor national.

Aujourd’hui, le Katana forgé par un maître est désigné comme étant un Shinsakutō, ou un Shinken. Plusieurs descendants de grands forgerons sont toujours actifs et entendent bien transmettre leur art à leurs propres enfants.

Fabrication traditionnelle du Katana

Production du Tamahagane, acier japonais

 

Le Tamahagane, aujourd’hui essentiellement produit dans la préfecture de Shimane est l’acier japonais utilisé pour la fabrication ancestrale et traditionnelle du Katana. Selon les anciens mythes du pays, le four (ou Tatara) servant à faire fondre l’acier était représenté par un dragon qui crachait le feu. En effet, celui-ci pouvait avaler plus de 10 tonnes de charbon de bois en 3 jours.

Afin de produire un Katana dont l’acier ne peut ni rouiller, ni se briser, les maîtres fondeurs utilisent généralement du sable ferrugineux issu directement des montagnes japonaises. En effet, grâce à sa faible teneur en soufre et en phosphore, ce sable permet d’obtenir un métal de qualité. Afin d’alimenter le feu en oxygène, des tubes en bambou et en argile sont utilisés (durant l’époque médiévale, il était de coutume de revêtir la robe blanche des prêtres avant de fondre l’acier).

Après 3 jours de travail, le fondeur détruit le Tatara afin d’en extraire le Tamahagahane, chauffé à blanc. La matière première obtenue est alors distribuée entre les forgerons.

Forge du Katana

 

Le maître forgeron commence par chauffer l’acier avant de le briser en petits morceaux. Il n’utilisera que ceux de qualité parfaite. Aspergés d’eau argileuse et de cendres, ces morceaux seront ensuite refondus en un seul bloc. Avant de commencer à fabriquer la lame, le forgeron devra plier et marteler le métal plusieurs fois afin d’en éliminer toutes les impuretés (cela aura pour effet de créer une lame solide grâce à la succession de plusieurs milliers de couches de métal superposées).

Le bloc d’acier est ensuite étiré pour former la lame courbe du Katana. Enfin, la trempe achèvera de durcir la lame (grâce à l’application d’un mélange à base d’argile noire), qui sera ensuite polie, affûtée et décorée.

Il faudra plus de 3 semaines de travail de forge pour obtenir un Katana de qualité et au tranchant aiguisé.