culture de la mort au japon

Japon, culture de la mort

La culture de la mort au Japon représente une partie particulièrement importante de la culture du pays. En effet, le respect des ancêtres est une tradition historique de la société nippone, ainsi que les nombreuses cérémonies qui en découlent.

Les obsèques Japonaises, le plus souvent réalisées selon la tradition bouddhique, permettent le début d’une nouvelle vie ainsi que la purification de l’âme. La croyance veut que si l’âme du défunt n’est pas purifiée par la cérémonie, elle sera condamnée à rester sur terre en apportant le malheur sur sa famille. Les cérémonies liées à la mort offrent à l’âme une nouvelle vie, en lui permettant de se libérer de celle actuelle.

Au Japon, les cérémonies et rites funéraires comprennent l’incinération des corps ainsi qu’une mise en terre dans le tombeau familial.

Culture de la mort au Japon : Traditions, cérémonies et funérailles

Contrairement aux pays occidentaux, le Japon a toujours su conserver l’aspect traditionnel lié aux funérailles. De ce fait, les funérailles Japonaises se déroulent généralement en quatre étapes :

  • Makuragyô : Première étape du rituel funéraire. Il s’agit de récitations de sutrâs par un prêtre dans le but de préparer son corps à accueillir l’esprit de Bouddha. Cette cérémonie est généralement effectuée dans les premières heures qui suivent la mort.
  • Tsuya : Cette cérémonie se déroule dans la journée qui suit le décès et en présence des membres de la famille. Il s’agit d’offrir de l’encens à la famille ainsi que de l’argent pour couvrir les coûts liés aux funérailles. Le corps est placé devant l’autel de famille, le visage couvert par un tissu léger et blanc. On effectue alors le « Matsugo no Mizu » et le « Yukan », rituels visant à laver le corps et les lèvres du défunt afin de la préparer pour le royaume de Bouddha. Enfin, le corps est revêtu d’un Kimono ou d’un Costume et l’on place un juzu entre ses mains, chapelet bouddhiste de 108 perles afin que l’âme du mort puisse atteindre la vertu. Un couteau peut également être placé sur son buste afin d’éloigner les mauvais esprits.
  • Soshiki : Le corps est transporté dans un temple bouddhique et placé de façon à orienter la tête vers le nord. Un bol de riz est placé à côté de lui en signe de dernier repas avant son voyage (les baguettes sont plantées verticalement dans le riz afin d’indiquer qu’il ne fait plus parti du monde des vivants). C’est la cérémonie des derniers hommages et des dernières prières avant l’élévation de l’âme. Vient ensuite la crémation, rite ancien (obligatoire aujourd’hui) permettant de purifier le corps de la peur qui l’entoure, et ce par le feu. Le reste des ossements suit une tradition ou la famille se passent les os de baguettes à baguettes afin de les réduire en poussières (les os sont toujours récupérés en commençant par ceux des pieds pour terminer avec ceux du crâne, afin que le défunt ne soit pas dans l’urne la tête vers le bas). Les cendres seront alors conservées 49 jours sur l’autel de famille. Durant cette période, il convient de prier le 3ème, 7ème et 21ème jour afin de guider l’âme.
  • Shiju-kunichi : C’est la dernière étape des obsèques, qui a lieu 49 jours après la mort. Durant cette cérémonie, l’urne contenant les dernières cendres est placée dans la tombe, ou haka, et le défunt reçoit alors son nom posthume afin de le protéger durant la mort (cette tradition, de par son coût élevé, est parfois remise en cause par la société actuelle). Les dernières prières sont effectuées, pour que l’âme soit transportée vers le paradis et non l’enfer. Une pratique, de moins en moins utilisée de nos jours, veut que lorsqu’une personne mariée décède, homme ou femme, le nom de son conjoint soit gravé sur la pierre et peint en rouge. Cette peinture symbolise la volonté des époux de se rejoindre dans la tombe. Ainsi, lorsque le second membre du couple décède, la peinture est alors effacée.

La culture de la mort au Japon est importante. Ainsi, le coût moyen des funérailles est de deux millions de yens, soit 15.000 euros par personne. En effet, c’est le premier pays mondial en termes de dépenses funéraires. Chaque année, il y a environ 850.000 décès au Japon.

L’angoisse de la mort au Japon

Même si les différentes cérémonies qui entourent la culture de la mort au Japon représentent de profondes marques de respects ainsi qu’une ancienne tradition visant à rendre hommage, elles sont également un reflet de la peur et de l’angoisse de la société envers la mort. En effet, au Japon, la peur de la mort est représentée de différentes façons, notamment la légende d’Izanagi et Izanami, piégée dans les enfers à attendre de pouvoir remonter sur terre pour tourmenter les âmes des vivants.

De ce fait, les différentes cérémonies qui entourent la culture de la mort au Japon ont également pour effet de distraire les âmes des défunts afin de leur faire oublier leur peine, leur souffrance et leur chagrin de façon à ce qu’elle ne reviennent pas sur terre pour tourmenter leurs familles. C’est l’une des raisons pour lesquelles il est courant d’ériger un petit sanctuaire dédié au respect et à la mémoire de sa famille décédée, afin de lui rendre hommage.