calligraphie japonaise

calligraphie japonaise

La calligraphie, ou shodō (書道) « voie de l’écriture » en japonais, désigne l’ensemble des arts de l’écriture des caractères chinois han. Au Japon, la calligraphie désigne également le tracé des kanas, syllabaires japonais, et des kanji (symboles issus des caractères chinois). Plus globalement, la calligraphie représente simplement l’art de l’écriture.

Calligraphie, art millénaire du Japon

Histoire de la Calligraphie Japonaise

Selon l’histoire, les premiers caractères chinois furent inventés par Cang Jie, vers 2650 avant J-C. (il faudra attendre 1000 ans de plus pour voir naître les idéogrammes de la langue chinoise). A l’origine, chaque caractère représentait un symbole de la nature. C’est cette vision ancestrale de l’écriture japonaise qui oblige généralement le calligraphe à connaître l’ensemble des textes anciens de sa culture. On dit que la calligraphie représente le fondement même de tout art chinois et sa forme la plus caractéristique de la culture chinoise.

Au Japon, cet art s’est principalement développé autour des Kanji, caractères et idéogrammes communs à la Chine et au Japon. A côté de cela, le Japon s’est vu développer leurs propres alphabets syllabaires, les hiragana et katakana. De ce fait, la calligraphie Japonaise est principalement basée sur la poésie et les anciens textes bouddhistes. La calligraphie représente un art Zen, au même titre que la cérémonie du thé ou les arts martiaux Japonais. Ainsi, la pratique de la calligraphie au Japon se trouve être un art essentiel à maîtriser conjointement aux autres formes d’arts, comme les haïku, où l’écriture joue un rôle primordial.

L’art de l’écriture Japonaise a commencé à se répandre au Xe siècle, et n’était alors principalement utilisée que par la cour impériale, les aristocrates ainsi que par les samouraïs. Durant l’ère Heian, plusieurs styles de calligraphies voient le jour, principalement basés sur les Kana (hiragana et katakana).

Outils et styles de la Calligraphie Japonaise

La pratique de la calligraphie Japonaise demande des outils spécifiques pour des tracés propres et artistiques. Ces outils représentent le prolongement du corps et de l’esprit du maître calligraphe.

  • Pinceau (fude) : Avec un manche en bois (généralement en bambou) à la forme spécifique et une composition de poils travaillée (en poil de blaireau), ce pinceau représente l’outil principal dans la pratique de l’art de l’écriture
  • Papier chinois : Appelé « papier de riz » ou « hanshi », qui contient de la paille de riz, contrairement au papier japonais.
  • Bâton d’encre et pierre à encre: Composé de suie et de musc, le bâton d’encre frotté dans le creux de la pierre remplie d’eau permet de produire l’encre de Chine utilisée pour l’écriture.

La meilleure position pour calligraphier est au sol, avec une feutrine. Même pour un débutant, il ne convient pas d’utiliser de l’encre chimique pour la calligraphie.

De par la composition et le tracé des hiragana et katakana, la calligraphie Japonaise doit généralement être tracée au pinceau fin, et ce contrairement au style chinois qui demande un pinceau plus épais et charnu. C’est à cette forme de pinceau que l’on peut distinguer s’il est chinois ou japonais.

Apprentissage de la Calligraphie Japonaise

Au Japon, l’art de l’écriture représente la base de l’art que représente la peinture. C’est pourquoi, en Asie, la base d’une formation artistique passe constamment par l’apprentissage de la calligraphie. De ce fait, les notions d’art, de peinture, de couleur sont très différentes des pays occidentaux.

Plusieurs styles de calligraphies différents existent au Japon, chacun étant généralement lié à une école spécifique. Ainsi, ces styles se déclinent de différentes façons, changeant en fonction de l’outil utilisé, du style traditionnel ou contemporain, de la langue retranscrite ou des caractères utilisés. La calligraphie est donc un art millénaire se déclinant à volonté et s’inspirant de l’imagination et de l’esprit du calligraphe.

En 210 avant Jésus-Christ, Li Seu, maître de la calligraphie, déclarait : « Dans l’écriture d’un caractère, ce n’est pas seulement la composition qui importe, c’est aussi la force du coup de pinceau. Faites que votre trait danse comme le nuage dans le ciel, parfois lourd, parfois léger. C’est seulement alors que vous imprégnerez votre esprit de ce que vous faites et que vous arriverez à la vérité. »

A la différence de nombreux arts classiques, la calligraphie requiert l’utilisation de l’ensemble du corps pour être parfaitement représentée. Au Japon, il existe bon nombre de caractères chinois utilisés dans un but décoratif, les jeunes lecteurs Japonais n’étant plus capables de lire ces caractères.